Série · 2026 · photomontages · dimensions variables
La femme rêve d’aventures pendant que l’homme les vit. Depuis l’enfance, je lis des récits d’aventures, des témoignages d’explorateurs partis découvrir la Terre. Pourtant, en grandissant, je me suis rendu compte du manque de représentations féminines dans le monde de l’aventure. On pourrait penser que c’est parce qu’elles n’y figuraient pas, mais des lectures comme Les femmes aussi sont du voyage de Lucie Azema ou Méfiez-vous des femmes qui marchent d’Annabel Abbs m’ont démontré l’inverse.
Ces récits m’ont donné l’habitude d’être transportée dans d’autres espaces que celui du quotidien. Celui-ci devenait alors un portail, une ouverture, un talisman vers l’ailleurs. Ce quotidien, que je décris comme une ouverture vers des ailleurs, a pourtant servi d’espace cloisonné pour les femmes. Lucie Azema décrit cette répartition des espaces : l’espace du voyage, de l’exploration et de l’aventure était réservé aux hommes, quand les femmes devaient occuper l’espace domestique, l’espace du quotidien. Pour arpenter d’autres horizons, elles ont dû sortir de l’espace domestique pour se faire une place.
Femmes d’extérieur a été réalisée en 2026 dans ce contexte. La série se compose de photomontages reposant chaque fois sur le même principe : une photographie en noir et blanc représentant un cliché de la ménagère américaine des années 1960, sur laquelle viennent s’ajouter des photographies de paysages en couleur, intégrées à des endroits choisis de l’image initiale. L’incorporation des paysages s’effectue directement sur certains objets de la scène domestique, de façon nette et visible.



